Saint-Armentaire

Une brève histoire de Saint Armentaire

Dans le "recueil des actes concernant les évêques d'Antibes", coll. de textes pour servir à l'Histoire de Provence, publié par G. DOUBLET, librairie Picard, Paris, 1915, p. XII-XIII, p. XVII, Armentaire est nommé, le 13 nov. 442, comme certainement le premier évêque d'Antibes selon les docs les plus anciens.

On trouve sa trace dès 438 comme évêque d'Embrun (MENETRIER H., Antibes, période du Haut-Moyen Age (IV-XII° siècle), éd. Antibes, F. Genre). Elu, semble-t-il à l'encontre des règlements ecclésiastiques, il est destitué par le concile de Riez en 439; celui-ci déclare nulle son élection. Armentaire se soumet sans hésiter et se retire au monastère de Saint Honorat trois ans durant.

On le retrouve signataire au concile de Vaison en 442; de fait, il est parmi les premiers signataires ce qui indique que son rôle est reconnu et, sans doute, important.

La réalité de son influence au sein de l'épiscopat est renforcée par deux autres lettres où, de nouveau, il est parmi les premiers signataires (le second même dans l'une des deux). Il s'agit, en 450 de la demande de rétablissement de la métropole d'Arles amputée après des incidents entre Hilaire d'Arles et Chélidoine, évêque de Besançon.

Nous sommes dans une période où se fixent les contours des diocèses, notamment en Provence d'où des conflits entre conciles régionaux et certains évêques. La destitution d'Armentaire du siège d'Embrun s'explique ainsi. Il est à noter que les évêques ne lui ont pas tenu rigueur d'avoir accepté le siège d'Embrun puisqu'on le retrouve parmi les évêques actifs et reconnus des conciles régionaux; lui-même n'a pas tenu rigueur à Hilaire d'Arles, l'un des artisans de sa destitution. Nul doute que ce séjour dans le silence monastique de Saint Honorat donne d'Armentaire une dimension spirituelle et ecclésiale.

Défenseur de la foi et homme consacré au service de l'Eglise, tel il apparaît aussi dans la lettre écrite, avec d'autres évêques de Provence, au pape Léon le Grand, en 451 contre l'hérésie d'Eutychès et dont le pape demandait la condamnation. Chacun sait qu'Eutychès continuait, avec des nuances, l'hérésie arienne, très vivace encore malgré les condamnations des conciles œcuméniques.

Ce n'est qu'à partir du VIII° siècle, que des légendes écrites sur ses combats contre le dragon sont repérables dans les documents. Il est reconnu comme le saint qui a délivré les populations de bêtes monstrueuses (dragon) aussi bien à Antibes qu'en un lieu qui devient Dragoniam pour rappeler ces actes héroïques: Draguignan dont il est toujours le saint patron et qui le fête le lundi de Pentecôte jusqu'à nos jours.

Il aurait fondé à Draguignan les églises Saint-Pierre et Saint-Jacques.

Entre Draguignan et Antibes, dans cette région de Provence, nombre de villages l'honorent.

Les légendes se développent encore au XII-XIII° siècle: sorte de "légende dorée" qui manifeste la vivacité et la permanence de son culte.